Maase, nom que le pêcheur donnait à sa femme, est un mot norvégien qui signifie mouette. La femme n’en parut nullement choquée, soit que ce fût son nom véritable, soit que ce fût un surnom de tendresse.

—Le meilleur chasseur! je le crois, certes, répondit-elle avec emphase. C’est mon frère, le fameux Kennybol! Dieu bénisse ses courses! Il est venu passer quelques jours avec nous, et vous pourrez, seigneur étranger, boire dans la même tasse que lui quelques coups de cette bonne bière. C’est un voyageur comme vous.

—Grand merci, ma brave hôtesse, dit Ordener en souriant; mais je serai forcé de me contenter de votre appétissant stock-fish et d’un morceau de ce rindebrod. Je n’aurai pas le loisir d’attendre votre frère, le fameux chasseur. Il faut que je reparte sur-le-champ.

La bonne Maase, à la fois contrariée du prompt départ de l’étranger et flattée des éloges qu’il donnait à son stock-fish et à son frère, s’écria:

—Vous êtes bien bon, seigneur. Mais comment! vous allez nous quitter si tôt?

—Il le faut.

—Vous hasarder dans ces montagnes à cette heure et par un temps semblable?

—C’est pour une affaire importante. Ces réponses du jeune homme piquaient la curiosité native de ses hôtes autant qu’elles excitaient leur étonnement.

Le pêcheur se leva et dit:

—Vous êtes chez Christophe Buldus Braall, pêcheur, du hameau de Surb.