La femme ajouta:
—Maase Kennybol est sa femme et sa servante.
Quand les paysans norvégiens voulaient demander poliment son nom à un étranger, leur usage était de lui dire le leur.
Ordener répondit:
—Et moi, je suis un voyageur qui n’est sûr ni du nom qu’il porte, ni du chemin qu’il suit.
Cette réponse singulière ne parut pas satisfaire le pêcheur Braall.
—Par la couronne de Gormon le Vieux, dit-il, je croyais qu’il n’y avait en ce moment en Norvège qu’un seul homme qui ne fût pas sûr de son nom. C’est le noble baron de Thorvick, qui va s’appeler maintenant, assure-t-on, le comte de Danneskiold, à cause de son glorieux mariage avec la fille du chancelier. C’est du moins, ma bonne Maase, la plus fraîche nouvelle que j’aie apportée de Drontheim.—Je vous félicite, seigneur étranger, de cette conformité avec le fils du vice-roi, le grand comte Guldenlew.
—Puisque votre courtoisie, ajouta la femme avec un visage enflammé de curiosité, paraît ne pouvoir rien nous dire de ce qui lui touche, ne pourrait-elle pas nous apprendre quelque chose de ce qui se passe en ce moment; par exemple, de ce fameux mariage dont mon seigneur et mari a recueilli la nouvelle?
—Oui, reprit celui-ci d’un air important, c’est ce qu’il y a de plus nouveau. Avant un mois, le fils du vice-roi épouse la fille du grand-chancelier.
—J’en doute, dit Ordener.