Un vieux officier prit la parole.
—La plaisanterie eût été de mauvais goût; mais ce n’en est malheureusement pas une. Le baron Voethaün, notre colonel, vient de recevoir cette fatale nouvelle.
—Une affreuse aventure! c’est effrayant! répétèrent une foule de voix.
—Nous allons donc, disait l’un, combattre des loups et des ours à face humaine!
—Nous recevrons des coups d’arquebuse, disait l’autre, sans savoir d’où ils partiront; nous serons tués un à un, comme de vieux faisans dans une volière.
—Cette mort de d’Ahlefeld, cria Bollar d’une voix solennelle, fait frissonner. Notre régiment est malheureux. La mort de Dispolsen, celle de ces pauvres soldats trouvés à Cascadthymore, celle de d’Ahlefeld, voilà trois tragiques événements en bien peu de temps.
Le jeune baron Randmer, qui était resté muet, sortit de sa rêverie.
—Cela est incroyable, dit-il; ce Frédéric qui dansait si bien!
Et après cette réflexion profonde, il retomba dans le silence, tandis que le capitaine Lory affirmait qu’il était très affligé de la mort du jeune lieutenant, et faisait remarquer au second arquebusier, Toric Belfast, que le cuivre de sa bandoulière était moins brillant qu’à l’ordinaire.