—Attendez, attendez! cria une voix, la voix de celui en qui Ordener voyait l’envoyé de Schumacker.
C’était un petit homme gras, vêtu de noir, à l’œil gai et faux. Il s’avança vers Ordener.
—Qui êtes-vous? lui dit-il.
Ordener ne répondit pas; il était saisi de toutes parts, et il n’y avait pas une place sur sa poitrine où ne s’appuyât la pointe d’une épée ou le canon d’un pistolet.
—Est-ce que tu as peur? demanda le petit homme avec un sourire.
—Si ta main était sur mon cœur au lieu de ces épées, dit froidement le jeune homme, tu verrais qu’il ne bat pas plus vite que le tien, en supposant que tu aies un cœur.
—Ah! ah! dit le petit homme, il fait le fier! eh bien! qu’il meure.—Et il tourna le dos.
—Donne-moi la mort, répliqua Ordener; c’est tout ce que je veux te devoir.
—Un instant, seigneur Hacket, dit un vieillard à barbe touffue, qui se tenait appuyé sur un long mousquet. Vous êtes ici chez moi, et j’ai seul le droit d’envoyer ce chrétien raconter aux morts ce qu’il a vu ici.
Le seigneur Hacket se mit à rire.—Ma foi, mon cher Jonas, comme il vous plaira! Peu m’importe que cet espion soit jugé par vous, pourvu qu’il soit condamné.