Le vieillard se tourna vers Ordener:
—Allons, dis-nous qui tu es, toi qui souhaitais si audacieusement de savoir qui nous sommes.
Ordener garda le silence. Entouré des étranges partisans de ce Schumacker, pour lequel il aurait si volontiers donné son sang, il n’éprouvait en ce moment qu’un désir infini de la mort.
—Sa courtoisie ne veut pas répondre, dit le vieillard. Quand le renard est pris, il ne crie plus. Tuez-le.
—Mon brave Jonas, reprit Hacket, que la mort de cet homme soit le premier exploit de Han d’Islande parmi vous.
—Oui, oui! crièrent une foule de voix.
Ordener étonné, mais toujours intrépide, chercha des yeux ce Han d’Islande, auquel il avait si vaillamment disputé sa vie le matin même, et vit, avec un redoublement de surprise, s’avancer vers lui un homme d’une stature colossale, vêtu du costume des montagnards. Ce géant fixa sur Ordener un regard atrocement stupide, et demanda une hache.
—Tu n’es pas Han d’Islande, dit Ordener avec force.
—Qu’il meure! qu’il meure! cria Hacket d’une voix furieuse.
Ordener vit qu’il fallait mourir. Il mit la main dans sa poitrine, afin d’en tirer les cheveux de son Éthel et de leur donner un dernier baiser. Ce mouvement fit tomber un papier de sa ceinture.