—En effet, dit le vieux Jonas, Norbith a raison. Comment voulez-vous qu’on tue cet étranger, seigneur Hacket? il a la passe de Christophorus Nedlam.

—Mais c’est un espion, c’est un espion, reprit Hacket.

Le vieillard se plaça près du jeune homme, devant Ordener, et tous deux dirent gravement:

—Il a la passe de Christophorus Nedlam, qui a été pendu à Skongen.

Hacket vit qu’il fallait céder; car tous les autres commençaient à murmurer, en disant que cet étranger ne pouvait mourir, puisqu’il portait le sauf-conduit de Nedlam le faux-monnayeur.

—Allons, dit-il entre ses dents avec une rage concentrée, qu’il vive donc. Au reste, c’est votre affaire.

—Ce serait le diable que je ne le tuerais point, dit Norbith triomphant.

En parlant ainsi, il se tourna vers Ordener.

—Écoute, poursuivit-il, tu dois être un bon frère, puisque tu as la passe de Nedlam, mon pauvre ami. Nous sommes les mineurs royaux. Nous nous révoltons pour qu’on nous délivre de la tutelle. Le seigneur Hacket, que tu vois, dit que nous prenons les armes pouf un certain comte Schumacker; mais moi je ne le connais pas. Étranger, notre cause est juste. Écoute, et réponds-moi comme si tu répondais à ton saint patron. Veux-tu être des nôtres?

Une idée passa dans l’esprit d’Ordener.