Hacket, qui avait tout écouté attentivement, prit la parole et dit d’une voix grave:
—Mon brave ami Kennybol, quand vous parlez de Han d’Islande ou de l’enfer, ne croyez rien impossible. Je savais tout ce que vous venez de me dire.
L’expression de l’extrême étonnement et de la plus naïve crédulité se peignit sur les traits sauvages du vieux chasseur des monts de Kole.
—Comment?
—... Oui, poursuivit Hacket, sur le visage duquel un observateur plus adroit eût peut-être démêlé quelque chose de triomphant et de sardonique, je savais tout, excepté pourtant que vous fussiez le héros de cette triste aventure. Han d’Islande me l’avait contée en me suivant ici.
—Vraiment! dit Kennybol; et son regard attaché sur Hacket venait de prendre un air de crainte et de respect.
Hacket continua avec le même sang-froid:
—Sans doute; mais maintenant, soyez tranquille, je vais vous conduire à ce formidable Han d’Islande.
Kennybol poussa un cri d’effroi.
—Soyez tranquille, vous dis-je, reprit Hacket. Voyez en lui votre chef et votre camarade; gardez-vous seulement de lui rappeler en rien ce qui s’est passé ce matin. Vous comprenez?