Il fallut céder, mais ce ne fut pas sans une vive répugnance intérieure qu’il consentit à se laisser présenter au démon. Ils s’avancèrent vers le groupe où étaient Ordener, Jonas et Norbith.
—Mon bon Jonas, mon cher Norbith, dit Kennybol, que Dieu vous assiste!
—Nous en avons besoin, Kennybol, dit Jonas. En ce moment le regard de Kennybol s’arrêta sur celui d’Ordener, qui cherchait le sien.
—Ah! vous voilà, jeune homme, dit-il en s’approchant vivement de lui et lui tendant sa main ridée et rude, soyez le bienvenu. Il paraît que votre hardiesse a eu bon succès?
Ordener, qui ne comprenait pas que ce montagnard parût le comprendre si bien, allait provoquer une explication, quand Norbith s’écria:
—Vous connaissez donc cet étranger, Kennybol?
—Par mon ange gardien, si je le connais! Je l’aime et je l’estime. Il est dévoué comme nous tous à la bonne cause que nous servons.
Et il lança vers Ordener un second regard d’intelligence, auquel celui-ci se préparait à répondre, lorsque Hacket, qui était allé chercher son géant, que tous ces bandits semblaient fuir avec effroi, les aborda tous quatre en disant:
—Mon brave chasseur Kennybol, voici votre chef, le fameux Han de Klipstadur!
Kennybol jeta sur le brigand gigantesque un coup d’œil où il y avait plus de surprise encore que de crainte, et se pencha vers l’oreille de Hacket: