Ce reproche toucha Éthel.

—Oh! pardon, noble dame! pardon! Jusqu’ici quel être humain avons-nous vu qui ne fût de nos ennemis? J’ai été défiante envers vous; vous me le pardonnez, n’est-ce pas?

L’étrangère sourit.

—Quoi! ma fille! est-ce que jusqu’à ce jour vous n’avez pas encore rencontré un ami?

Une vive rougeur enflamma les joues d’Éthel. Elle hésita un moment.

—Oui.—Dieu connaît la vérité. Nous avons trouvé un ami, noble dame. Un seul!

—Un seul! dit précipitamment la grande femme. Nommez-le-moi, de grâce; vous ne savez pas combien il est important. C’est pour le salut de votre père. Quel est cet ami?

—Je l’ignore, dit Éthel. L’inconnue pâlit.

—Est-ce parce que je veux vous servir que vous vous jouez de moi? Songez qu’il s’agit des jours de votre père. Quel est, dites, quel est l’ami dont vous me parliez?

—Le ciel sait, noble dame, que je ne connais de lui que son nom, qui est Ordener.