—Et les hulans de Slesvig! ajouta Jonas.

—Et les dragons danois! reprit Kennybol. Norbith frappa la terre du pied.

—Et la tutelle royale! et ma mère, qui meurt de faim et de froid!

—Démons! la tutelle royale! dit le mineur Jonas, avec une sorte de frémissement.

—Qu’importe! dit le montagnard Kennybol. Jonas prit Kennybol par la main.

—Notre compagnon le chasseur, vous n’avez pas l’honneur d'être pupille de notre glorieux souverain Christiern IV. Puisse le saint roi Olaüs, qui est au ciel, nous délivrer de la tutelle!

—Demande ce bienfait à ton sabre! dit Norbith d’une voix farouche.

—Les paroles hardies coûtent peu à un jeune homme, camarade Norbith, répondit Kennybol, mais songez que si nous allons plus loin, toutes ces casaques vertes...

—Je songe que nous aurons beau rentrer dans nos montagnes, comme des renards devant les loups, on connaît nos noms et notre révolte; et, mourir pour mourir, j’aime mieux la balle d’une arquebuse que la corde d’un gibet.

Jonas remua la tête de haut en bas en signe d’adhésion.