Un sentiment du même genre paraissait préoccuper le président. On eût dit qu’il ne pouvait croire à ce qu’il entendait de ses oreilles. Il adressa néanmoins la parole au fils du vice-roi:
—Si vous êtes en effet l’unique auteur de cette révolte, dans quel but l’avez-vous excitée?
—Je ne puis le dire.
Un frisson saisit Éthel, lorsqu’elle entendit le président répliquer d’une voix presque irritée:
—N’aviez-vous point une intrigue avec la fille de Schumacker?
Mais Ordener, enchaîné, avait fait un pas vers le tribunal, et s’était écrié, avec l’accent de l’indignation:
—Chancelier d’Ahlefeld, contentez-vous de ma vie que je vous livre; respectez une noble et innocente fille. Ne tentez pas de la déshonorer une seconde fois.
La pauvre Éthel, qui avait senti son sang remonter à son visage, ne comprit pas ce que signifiaient ces mots, une seconde fois, sur lesquels son défenseur appuyait avec énergie; mais à la colère qui se peignait sur les traits du président, on eût dit qu’il les comprenait.
—Ordener Guldenlew, n’oubliez pas vous-même le respect que vous devez à la justice du roi et à ses suprêmes officiers. Je vous réprimande au nom du tribunal.—À présent, je vous somme de nouveau de me déclarer dans quel but vous avez commis le crime dont vous vous accusez.
—Je vous répète que je ne puis vous le dire.