Elle se leva, resta un moment devant lui debout, pâle et tremblante; puis ses genoux fléchirent, elle tomba à genoux sur la pierre en joignant les mains.

—Que lui ai-je fait? murmura-t-elle d’une voix éteinte.

Ordener, muet, fixait son regard sur la pierre.

—Seigneur, dit-elle, se traînant à genoux jusqu’à lui, vous ne me répondez pas? Vous ne voulez donc plus me parler?—Il ne me reste plus qu’à mourir.

Une larme roula dans les yeux du jeune homme.

—Éthel, vous ne m’aimez plus.

—O Dieu! s’écria la pauvre jeune fille, serrant dans ses bras les genoux du prisonnier, je ne l’aime plus! Tu dis que je ne t’aime plus, mon Ordener. Est-il bien vrai que tu as pu dire cela?

—Vous ne m’aimez plus, puisque vous me méprisez.

Il se repentit à l’instant même d’avoir prononcé cette parole cruelle; car l’accent d’Éthel fut déchirant, quand elle jeta ses bras adorés autour de son cou, en criant d’une voix étouffée par les larmes:

—Pardonne-moi, mon bien-aimé Ordener, pardonne-moi comme je te pardonne. Moi! te mépriser, grand Dieu! n’es-tu pas mon bien, mon orgueil, mon idolâtrie?—Dis-moi, est-ce qu’il y avait dans mes paroles autre chose qu’un profond amour, qu’une brûlante admiration pour toi? Hélas! ton langage sévère m’a fait bien du mal, quand je venais pour te sauver, mon Ordener adoré, en immolant tout mon être au tien.