—«1° Le révérend docteur Anglyvius demande qu’il soit pourvu au remplacement du révérend docteur Foxtipp, directeur de la bibliothèque épiscopale, pour cause d’incapacité. L’exposant ignore qui pourra remplacer ledit docteur incapable; il fait seulement savoir que lui, docteur Anglyvius, a longtemps exercé les fonctions de bibliothéc....»

—Renvoyez ce drôle à l’évêque, interrompit le général.

—«2° Athanase Munder, prêtre, ministre des prisons, demande la grâce de douze condamnés pénitents, à l’occasion des glorieuses noces de sa courtoisie Ordener Guldenlew, baron de Thorvick, chevalier de Dannebrog, fils du vice-roi, avec noble dame Ulrique d’Ahlefeld, fille de sa grâce le comte grand-chancelier des deux royaumes.»

—Ajournez, dit le général. Je plains les condamnés.

—«3° Fauste-Prudens Destrombidès, sujet norvégien, poëte latin, demande à faire l’épithalame desdits nobles époux.»

—Ah! ah! le brave homme doit être vieux, car c’est le même qui en 1674 avait préparé un épithalame pour le mariage projeté entre Schumacker, alors comte de Griffenfeld, et la princesse Louise-Charlotte de Holstein-Augustenbourg, mariage qui n’eut pas lieu.—Je crains, ajouta le gouverneur entre ses dents, que Fauste-Prudens soit le poëte des mariages rompus.

—Ajournez la demande et poursuivez. On s’informera, à l’occasion dudit poëte, s’il n’y aurait pas un lit vacant à l’hôpital de Drontheim.

—«4° Les mineurs de Guldbranshal, des îles Faroër, du Sund-Moër, de Hubfallo, de Roeraas et de Kongsberg, demandent à être affranchis des charges de la tutelle royale.»

—Ces mineurs sont remuants. On dit même qu’ils commencent déjà à murmurer du long silence gardé sur leur requête. Qu’elle soit réservée pour un mûr examen.

—«5° Braal, pêcheur, déclare, en vertu de l’Odelsrecht [Note: Odelsrecht, loi singulière qui établissait parmi les paysans norvégiens des sortes de majorats. Tout homme qui était contraint de se défaire de son patrimoine pouvait empêcher l’acquéreur de l’aliéner, en déclarant tous les dix ans à l’autorité qu’il était dans l’intention de le racheter.], qu’il persévère dans l’intention de racheter son patrimoine.