Et Jésus dit:—Tais-toi, femme, car c’est le lieu
Où tu vas, si tu crois, voir la gloire de Dieu.—
Puis il reprit:—Il faut que cette pierre tombe.—
La pierre ôtée, on vit le dedans de la tombe.
Jésus leva les yeux au ciel et marcha seul
Vers cette ombre où le mort gisait dans son linceul,
Pareil au sac d’argent qu’enfouit un avare.
Et, se penchant, il dit à haute voix: Lazare!
Alors le mort sortit du sépulcre; ses pieds
Des bandes du linceul étaient encor liés;
Il se dressa debout le long de la muraille;
Jésus dit:—Déliez cet homme, et qu’il s’en aille.—
Ceux qui virent cela crurent en Jésus-Christ.
Or, les prêtres, selon qu’au livre il est écrit,
S’assemblèrent, troublés, chez le préteur de Rome;
Sachant que Christ avait ressuscité cet homme,
Et que tous avaient vu le sépulcre s’ouvrir,
Ils dirent:—Il est temps de le faire mourir.
III
SUPRÉMATIE
SUPRÉMATIE
Lorsque les trois grands dieux eurent dans un cachot
Mis les démons, chassé les monstres de là-haut,
Oté sa griffe à l’hydre, au noir dragon son aile,
Et sur ce tas hurlant fermé l’ombre éternelle,
Laissant grincer l’enfer, ce sépulcre vivant,
Ils vinrent tous les trois, Vâyou, le dieu du Vent,
Agni, dieu de la Flamme, Indra, dieu de l’Espace,
S’asseoir sur le zénith, qu’aucun mont ne dépasse,
Et se dirent, ayant dans le ciel radieux
Chacun un astre au front: Nous sommes les seuls dieux!
Tout à coup devant eux surgit dans l’ombre obscure
Une lumière ayant les yeux d’une figure.