Le brin de paille aux pieds du dieu ne bougea pas.

Le dieu s’en retourna.

—Dieu du vent, notre frère,
Parle, as-tu pu savoir ce qu’est cette lumière?

Et Vâyou répondit aux deux autres dieux: Non.

—Agni, dit Indra; frère Agni, mon compagnon,
Dit Vâyou, pourrais-tu le savoir, toi?

—Sans doute,
Dit Agni.

Le dieu rouge, Agni, que l’eau redoute,
Et devant qui médite à genoux le bouddha,
Alla vers la clarté sereine et demanda:
—Qu’es-tu, clarté?—Qu’es-tu toi-même? lui dit-elle.
—Le dieu du Feu.—Quelle est ta puissance?—Elle est telle
Que, si je veux, je puis brûler le ciel noirci,
Les mondes, les soleils, et tout.

—Brûle ceci,
Dit la clarté, montrant au dieu le brin de paille.

Alors, comme un bélier défonce une muraille,
Agni, frappant du pied, fit jaillir de partout
La flamme formidable, et, fauve, ardent, debout,
Crachant des jets de lave entre ses dents de braise,
Fit sur l’humble fétu crouler une fournaise;
Un soufflement de forge emplit le firmament;
Et le jour s’éclipsa dans un vomissement
D’étincelles, mêlé de tant de nuit et d’ombre
Qu’une moitié du ciel en resta longtemps sombre;
Ainsi bout le Vésuve, ainsi flambe l’Hékla.
Lorsqu’enfin la vapeur énorme s’envola,
Quand le dieu rouge Agni, dont l’incendie est l’âme,
Eut éteint ce tumulte effroyable de flamme
Où grondait on ne sait quel monstrueux soufflet,
Il vit le brin de paille à ses pieds, qui semblait
N’avoir pas même été touché par la fumée.

Le dieu s’en revint.