Puis, mes yeux tombant sur la brouette, et le second mouvement succédant au premier:
«Tiens! dis-je, c'est un portefaix.»
Ce n'était ni un fantôme ni un portefaix; je reconnus le deuxième témoin de mon débarquement sur cette rive jusque-là peu hospitalière, l'homme au visage pâle.
Lui-même, en m'apercevant, avait fait un pas en arrière et paraissait médiocrement rassuré. Je crus à propos de prendre la parole:
«Mon ami, lui dis-je, notre rencontre était évidemment prévue de toute éternité. J'ai un sac de nuit que je trouve en ce moment beaucoup trop plein, vous avez une brouette tout à fait vide; si je mettais mon sac sur votre brouette? hein? qu'en dites-vous?»
Sur cette rive gauche du Rhin, tout parle et comprend le français, y compris les fantômes.
L'apparition me répondit:
«Où va monsieur?
—Je vais à Worms.
—A Worms?