J'ai le droit aujourd'hui d'être, quand la nuit tombe,

Un de ceux qui se font écouter de la tombe,

Et qui font, en parlant aux morts blêmes et seuls,

Remuer lentement les plis noirs des linceuls,

Et dont la parole, âpre ou tendre, émeut les pierres,

Les grains dans les sillons, les ombres dans les bières,

La vague et la nuée, et devient une voix

De la nature, ainsi que la rumeur des bois.

Car voilà, n'est-ce pas, tombeaux? bien des années,

Que je marche au milieu des croix infortunées,