—Tu es sûre?

—Je suis sûre.

—Là, vrai, il vient?

—Il vient en fiacre.

—En fiacre. C'est Rothschild!

Le père se leva.

—Comment es-tu sûre? s'il vient en fiacre, comment se fait-il que tu arrives avant lui? Lui as-tu bien donné l'adresse au moins? lui as-tu bien dit la dernière porte au fond du corridor à droite? Pourvu qu'il ne se trompe pas! Tu l'as donc trouvé à l'église? a-t-il lu ma lettre? qu'est-ce qu'il t'a dit?

—Ta, ta, ta! dit la fille, comme tu galopes, bonhomme! Voici: je suis entrée dans l'église, il était à sa place d'habitude, je lui ai fait la révérence, et je lui ai remis la lettre, il a lu, et il m'a dit: Où demeurez-vous, mon enfant? J'ai dit: Monsieur, je vas vous mener. Il m'a dit: Non, donnez-moi votre adresse, ma fille a des emplettes à faire, je vais prendre une voiture, et j'arriverai chez vous en même temps que vous. Je lui ai donné l'adresse. Quand je lui ait dit la maison, il a paru surpris et qu'il hésitait un instant, puis il a dit: C'est égal, j'irai. La messe finie, je l'ai vu sortir de l'église avec sa fille, je les ai vus monter en fiacre. Et je lui ai bien dit la dernière porte au fond du corridor à droite.

—Et qu'est-ce qui te dit qu'il viendra?

—Je viens de voir le fiacre qui arrivait rue du Petit-Banquier. C'est ce qui fait que j'ai couru.