Il reconnut la voix de la fille aînée.

—Es-tu entrée? demanda le père.

—Non, répondit la fille, mais puisque sa clef est à sa porte, il est sorti.

Le père cria:

—Entre tout de même.

La porte s'ouvrit, et Marius vit entrer la grande Jondrette, une chandelle à la main. Elle était comme le matin, seulement plus effrayante encore à cette clarté.

Elle marcha droit au lit, Marius eut un inexprimable moment d'anxiété, mais il y avait près du lit un miroir cloué au mur, c'était là qu'elle allait. Elle se haussa sur la pointe des pieds et s'y regarda. On entendait un bruit de ferrailles remuées dans la pièce voisine.

Elle lissa ses cheveux avec la paume de sa main et fit des sourires au miroir tout en chantonnant de sa voix cassée et sépulcrale:

Nos amours ont duré toute une semaine,
Ah! que du bonheur les instants sont courts!
S'adorer huit jours, c'était bien la peine!
Le temps des amours devrait durer toujours!
Devrait durer toujours! devrait durer toujours!

Cependant Marius tremblait. Il lui semblait impossible qu'elle n'entendît pas sa respiration.