Maintenant le deuxième se présentait.
Comment faire pour nuire à la duchesse?
Quelle ressource pouvait, pour un but si ardu, lui offrir son misérable emploi?
Aucune, évidemment.
XII
ÉCOSSE, IRLANDE ET ANGLETERRE
Indiquons un détail: Josiane «avait le tour».
On le comprendra en réfléchissant qu’elle était, quoique du petit côté, sœur de la reine, c’est-à-dire personne princière.
Avoir le tour. Qu’est cela?
Le vicomte de Saint-John—prononcez Bolingbroke—écrivait à Thomas Lennard, comte de Sussex: «Deux choses font qu’on est grand. En Angleterre avoir le tour; en France avoir le pour.»
Le pour, en France, c’était ceci: quand le roi était en voyage, le fourrier de la cour, le soir venu, au débotté à l’étape, assignait leur logement aux personnes suivant sa majesté. Parmi ces seigneurs, quelques-uns avaient un privilège immense: «Ils ont le pour, dit le Journal historique de l’année 1694, page 6, c’est-à-dire que le fourrier qui marque les logis met Pour avant leur nom, comme: Pour M. le prince de Soubise, au lieu que, quand il marque le logis d’une personne qui n’est point prince, il ne met point de Pour, mais simplement son nom, par exemple: Le duc de Gesvres, le duc de Mazarin, etc.» Ce Pour sur une porte indiquait un prince ou un favori. Favori, c’est pire que prince. Le roi accordait le pour comme le cordon bleu ou la pairie.