Essayer d'entrevoir l'invisible, d'exprimer l'inexprimable? quelle tentation! quelle chimère!
Autour de l'homme chétivement limité rayonnent, nous ne disons pas quatre infinis, — l'infini ne se scinde pas, — mais quatre aspects de l'infini : deux dans la durée, l'éternité future et l'éternité passée ; deux dans l'espace, l'infiniment grand et l'infiniment petit.
Mais «l'éternité passée,» quel mot! L'absurde et l'évident, l'impossible et le réel, amalgamés et indivisiblement mêlés pour composer l'inconcevable!
Et sous quelle forme l'imaginer, ce monstrueux ensemble universel?
Tout ce qu'on peut dire, c'est que la forme sphérique paraît être celle des mondes et que la forme sphérique est, en effet, celle qui n'a ni commencement ni fin.
II
Nous avons parlé d'étoiles immobiles, c'est une erreur. L'immobilité n'est pas. Toute cette profondeur remue. On croit y voir étinceler la fixité, on se trompe. Cette fixité bouge. Cette immuabilité change.
Il est certain que, fixe pour nous, notre soleil, avec son groupe de planètes, doit faire quelque tour immense autour de quelque autre immense soleil.
Puis, des étoiles s'enflamment ou pâlissent. Sirius, blanc aujourd'hui, était rouge autrefois.