C'est la noirceur, c'est la simplicité épouvantable, c'est l'immanence morte du gouffre, c'est le désert, c'est l'absence… Non. C'est la fourmilière des prodiges. C'est la Présence.

Chacune des trois sondes de l'homme a rapporté quelque chose. L'œil a vu six mille étoiles, le télescope a vu cent millions de soleils, l'esprit a vu Dieu.

Qui, Dieu?

Dieu.

Au Dieu Inconnu de saint Paul, l'Aréopage opposait le Dieu Inconnaissable.

Le Dieu inconnaissable est le Dieu incontestable.


Représentez-vous des millions de soleils comme le nôtre, avec toutes leurs légions de planètes, enfoncés au-dessus de nos têtes à une distance telle que ce n'est plus qu'une vague blancheur, un blêmissement indistinct, on ne sait quel inexprimable écrasement d'étoiles ; nous nommons cela la Voie lactée.

Nous, et tous les astres que nous voyons, et toutes les constellations du zodiaque, et tous les univers du zénith et du nadir, nous faisons partie d'un prodigieux disque d'étoiles dont la voie lactée est le bord. Il y a là un épaississement de soleils qui fait une grande tache livide dans l'infini.

Et après la planète, et après l'étoile, et après la voie lactée, qu'y a-t-il?