Il y a la nébuleuse.
Qu'est-ce que la nébuleuse?
On voit çà et là dans le ciel des pâleurs, des taches presque insaisissables, quelque chose qui est de la lumière sans cesser d'être de l'ombre, d'indicibles apparences où il y a du spectre. Ce sont les nébuleuses.
Le soleil, c'est nous ; les planètes, c'est nous ; les constellations, c'est nous ; l'étoile polaire, qui est à soixante-seize millions de lieues, c'est nous ; la voie lactée, c'est nous.
La nébuleuse, ce n'est plus nous.
Telle étoile, dont la lumière ne nous parvient qu'en cent mille années, est notre compatriote céleste. Elle habite le même firmament que nous ; elle est mêlée à notre disque stellaire ; elle est de la maison.
La nébuleuse, c'est l'étrangère. Nos comètes ne vont pas là. Elles seraient inquiètes à cette distance et craindraient de ne plus savoir où retrouver nos soleils.
Notre lumière y va ; car la lumière sacrée, c'est le lien universel.
Peut-être aussi y a-t-il, pour faire le service de ces monstrueux espaces, des relais de comètes «transatlantiques» ignorées.
La nébuleuse est un autre disque stellaire, composé, lui aussi, de ses milliards de soleils, et faisant une voie lactée dans un firmament inconnu.