La vraie formule socialiste :

Rendre l'homme moral meilleur, l'homme intellectuel plus grand, l'homme matériel plus heureux.

Bonté d'abord, grandeur ensuite, enfin bonheur.

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La logique d'une idée vraie est tellement puissante que, dès qu'elle s'introduit dans les affaires humaines, dans la religion, dans la politique, dans la législation, elle réduit tous les événements à n'être plus que des syllogismes chargés, les uns de la démontrer, les autres de la compléter.


Le penseur, quand bon lui semble, peut se déployer orateur.

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L'éloquence qui convient aux assemblées ne doit se composer que de moyennes. Une éloquence composée d'extrêmes peut remuer une foule ou un individu, ce qui, dans beaucoup de cas, est la même chose. Cette sorte d'éloquence pourra agir une fois sur une assemblée comme chose nouvelle, étrange et de haut goût, ou momentanément propre à une circonstance donnée ; mais, la seconde fois, elle fatiguera ; la troisième fois, elle paraîtra ridicule.

Pour dominer habituellement une grande assemblée, il faut un calcul mêlé à l'inspiration ; il faut prendre, chaque fois qu'on parle, la résultante d'une des fractions de l'assemblée et constituer sa parole sur cette résultante, et alors on s'appuie, non sur sa seule force isolée, mais sur toutes les forces de cette fraction ; ou, mieux encore, ce qui est plus difficile, prendre la résultante de toute l'assemblée, parler dans la moyenne de la pensée de chacun, et alors on a pour levier toute la force de l'assemblée elle-même. On remue quelque chose dans chaque esprit. Par moments, on touche le fond de tous.