Dans nombre de cas, ce qu'on appelle mariage est l'adultère et ce qu'on appelle adultère est le mariage.

Faites le mariage vrai, faites-le sortir de la nature et du cœur, et ces deux faits, adultère et prostitution, qui sont, l'un la protestation du cœur, l'autre la protestation de la nature, s'évanouissent.

Dans l'état actuel, l'union irrésistible de deux cœurs est persécutée par la loi ; or qu'est-ce que cette union, sinon le mariage? tandis que la loi protège la livraison d'une femme à un homme moyennant vente légale et intérêts combinés ; or qu'est-ce que la consommation de cette vente, sinon l'adultère et la prostitution?

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Le poëme de la femme traverse l'histoire de l'homme. Il a çà et là des espèces de chants sublimes. Les deux plus beaux de ces chants, c'est Marie, mère de Dieu, et Jeanne d'Arc, mère du Peuple. Deux vierges qui enfantent, l'une le Christ, l'autre la France.

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Tous les poëtes ont une femme qui a fait, à leur insu, la moitié de leurs ouvrages. Molière heureux n'eût pas écrit le Misanthrope. Molière a fait Célimène, la Béjart a fait Alceste.

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La femme nue, c'est le ciel bleu. Nuages et vêtements font obstacle à la contemplation. La beauté et l'infini veulent être regardés sans voiles.

Au fond, c'est la même extase : l'idée de l'infini se dégage du beau comme l'idée du beau se dégage de l'infini. La beauté, ce n'est pas autre chose que l'infini contenu dans un contour.