L'homme ne comprend et n'accepte l'immortalité qu'à la condition de se souvenir.
Si la vie n'est pas indéfinie, distincte et adhérente, emmaillée dans une sorte de chaîne sans fin qui traverse sans se rompre le phénomène mort, relie l'être à l'être et crée l'unité dans le multiple ; si cette persistance du moi à travers les milieux inconnus de l'existence n'est pas, il n'y a point de solidarité, et le premier des principes démocratiques s'évanouit.
La brièveté du moi supprime tout lien, extérieur, supérieur, antérieur et ultérieur.
Matérialisme, c'est, logiquement et fatalement, égoïsme.
Sur chaque globe il y a un être qui le déborde et qui est son point de jonction, son trait d'union, son pont avec les autres sphères. L'homme est cet être sur la terre.
A la mort, l'homme devient sidéral.
La mort, c'est la revanche de l'âme.