III. TRESSAILLEMENT DES FIBRES PROFONDES
Le dialogue eut un répit; ces titans rentrèrent un moment chacun dans sa pensée.
Les lions s'inquiètent des hydres. Robespierre était devenu très pâle et
Danton très rouge. Tous deux avaient un frémissement. La prunelle fauve de
Marat s'était éteinte; le calme, un calme impérieux, s'était refait sur la
face de cet homme, redouté des redoutables.
Danton se sentait vaincu, mais ne voulait pas se rendre. Il reprit:
—Marat parle très haut de dictature et d'unité, mais il n'a qu'une puissance, dissoudre.
Robespierre, desserrant ses lèvres étroites, ajouta:
—Moi, je suis de l'avis d'Anacharsis Cloots; je dis: Ni Roland, ni Marat.
—Et moi, répondit Marat, je dis: Ni Danton, ni Robespierre.
Il les regarda tous deux fixement et ajouta:
—Laissez-moi vous donner un conseil, Danton. Vous êtes amoureux, vous songez à vous remarier, ne vous mêlez plus de politique, soyez sage.