Là où le mur avait paru trop nu, dans les angles de la salle, l'architecte avait appliqué pour ornements des faisceaux, la hache en dehors.
À droite et à gauche de la tribune, des socles portaient deux candélabres de douze pieds de haut, ayant à leur sommet quatre paires de quinquets. Il y avait dans chaque loge publique un candélabre pareil. Sur les socles de ces candélabres étaient sculptés des ronds que le peuple appelait «colliers de guillotine».
Les bancs de l'assemblée montaient presque jusqu'à la corniche des tribunes; les représentants et le peuple pouvaient dialoguer.
Les vomitoires des tribunes se dégorgeaient dans un labyrinthe de corridors, plein parfois d'un bruit farouche.
La Convention encombrait le palais et refluait jusque dans les hôtels voisins, l'hôtel de Longueville, l'hôtel de Coigny. C'est à l'hôtel de Coigny qu'après le 10 août, si l'on en croit une lettre de lord Bradford, on transporta le mobilier royal. Il fallut deux mois pour vider les Tuileries.
Les comités étaient logés aux environs de la salle; au pavillon-Egalité, la législation, l'agriculture et le commerce; au pavillon-Liberté, la marine, les colonies, les finances, les assignats, le salut public; au pavillon-Unité, la guerre.
Le comité de sûreté générale communiquait directement avec le comité de salut public par un couloir obscur, éclairé nuit et jour d'un réverbère, où allaient et venaient les espions de tous les partis. On y parlait bas.
La barre de la Convention a été plusieurs fois déplacée. Habituellement elle était à la droite du président.
Aux deux extrémités se la salle, les deux cloisons verticales qui fermaient du côté droit et du coté gauche les demi-cercles concentriques de l'amphithéâtre laissaient entre elles et le mur deux couloirs étroits et profonds sur lesquels s'ouvraient deux sombres portes carrées. On entrait et on sortait par là.
Les représentants entraient directement dans la salle par une porte donnant sur la terrasse des Feuillants.