—J'ajoute qu'étant le chef, je devais l'exemple, et qu'à votre tour, étant les juges, vous le devez.
—Quel exemple demandez-vous?
—Ma mort.
—Vous la trouvez juste?
—Et nécessaire.
—Asseyez-vous.
Le fourrier, commissaire-auditeur, se leva et donna lecture, premièrement, de l'arrêté qui mettait hors la loi le ci-devant marquis de Lantenac; deuxièmement, du décret de la Convention édictant la peine capitale contre quiconque favoriserait l'évasion d'un rebelle prisonnier. Il termina par les quelques lignes imprimées au bas du décret, intimant défense «de porter aide et secours» au rebelle susnommé «sous peine de mort», et signées: le commandant en chef de la colonne expéditionnaire, GAUVAIN.
Ces lectures faites, le commissaire-auditeur se rassit.
Cimourdain croisa les bras et dit:
—Accusé, soyez attentif. Public, écoutez, regardez, et taisez-vous. Vous avez devant vous la loi. Il va être procédé au vote. La sentence sera rendue à la majorité simple. Chaque juge opinera à son tour, à haute voix, en présence de l'accusé, la justice n'ayant rien à cacher.