—Faites.

L'homme à la veste duquel brillait la croix de Saint-Louis courba la tête.

Sur un signe du comte du Boisberthelot, deux matelots descendirent dans l'entre-pont, puis revinrent apportant le hamac-suaire; l'aumônier du bord, qui depuis le départ était en prière dans le carré des officiers, accompagnait les deux matelots; un sergent détacha de la ligne de bataille douze soldats qu'il rangea sur deux rangs, six par six; le canonnier, sans dire un mot, se plaça entre les deux files. L'aumônier, le crucifix à la main, s'avança et se mit près de lui.

—Marche, dit le sergent. Le peloton se dirigea à pas lents vers l'avant; les deux matelots, portant le suaire, suivaient.

Un morne silence se fit sur la corvette. Un ouragan lointain soufflait.

Quelques instants après, une détonation éclata dans les ténèbres, une lueur passa, puis tout se tut, et l'on entendit le bruit que fait un corps en tombant dans la mer.

Le vieux passager, toujours adossé au grand mât, avait croisé les bras, et songeait. Boisberthelot, dirigeant vers lui l'index de sa main gauche, dit bas à La Vieuville:

—La Vendée a une tête.

VII. QUI MET A LA VOILE MET A LA LOTERIE

Mais qu'allait devenir la corvette?