Voilà cette étoile éclatante
Que je vis briller sur son sein:
Faudra-t-il d'une main tremblante
La vendre pour avoir du pain?
Garde qu'elle ne soit flétrie!
Me disait-il en expirant...
Ah! secourez le pauvre enfant
Du soldat mort pour sa patrie!

Déjà mon jeune cœur tressaille,
Quand je vois flotter nos drapeaux;
Au seul récit d'une bataille
Je me sens le fils d'un héros:
Je l'espère, ô France chérie!
Un jour je t'offrirai mon sang...
Ah! secourez le pauvre enfant
Du soldat mort pour sa patrie!

CONSOLATION

Composé en 1669.A M. du Perrier.

Ta douleur, du Perrier, sera donc éternelle?
Et les tristes discours
Que te met en l'esprit l'amitié paternelle
L'augmenteront toujours?

Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale où ta raison perdue
Ne se retrouve pas?

Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.

Puis quand ainsi serait que, selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu'en fût-il advenu?

Penses-tu que plus vieille en sa maison céleste
Elle eût eu plus d'accueil,
Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil?

La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles:
On a beau la prier;
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.