Ainsi Dieu le reprit, lisant sa vieille Bible?
Un soir, je l'appelais, le croyant endormi...
Il n'était plus: la mort, comme un sommeil paisible,
L'avait couché, serein, auprès de son ami!

Maintenant, son fauteuil est vide. Le grand-père
Ne viendra plus jamais s'asseoir au coin du feu!
Mais sa place est meilleure au ciel que sur la terre:
Il ne nous a quittés que pour aller à Dieu!

L. TOURNIER.

HYMNE DE L'ENFANT A SON RÉVEIL

O père qu'adore mon père!
Toi qu'on ne nomme qu'à genoux!
Toi, dont le nom terrible et doux
Fait courber le front de ma mère!

On dit que ce brillant soleil
N'est qu'un jouet de ta puissance;
Que sous tes pieds il se balance
Comme une lampe de vermeil.

On dit que c'est toi qui fais naître
Les petits oiseaux dans les champs,
Et qui donnes aux petits enfants
Une âme aussi pour te connaître.

On dit que c'est toi qui produis
Les fleurs dont le jardin se pare,
Et que, sans toi, toujours avare,
Le verger n'aurait point de fruits.

Aux dons que ta bonté mesure
Tout l'univers est convié:
Nul insecte n'est oublié
A ce festin de la nature.

L'agneau broute le serpolet,
La chèvre s'attache au cytise,
La mouche au bord du vase puise
Les blanches gouttes de mon lait!