Et moi, dans la saison prochaine,
Je reviendrai dans les vallons,
Dormir quelquefois sous un chêne,
Au bruit de leurs douces chansons.

BERQUIN.

A MES OISEAUX

Oh! que vous chantez bien, mes petits canaris!
C'est que vous avez tout à souhait: belle cage,
Grain nouveau, gai soleil, air pur et frais breuvage,
Et votre joie éclate en vos airs favoris!

Mais savez-vous, au moins, d'où vous vient cette fête?
Moi, j'achète ce grain dont vous êtes friands:
Mais qui l'a fait germer et mûrir dans les champs?
Je vous verse cette eau: mais cette eau, qui l'a faite?

Qui donc a fait couler le limpide ruisseau
Où, dans mon gobelet, pour vous je l'ai puisée?
C'est moi qui vous ai mis tout près de la croisée;
Quand j'ai vu ce jour pur et ce soleil si beau:

Mais d'où vient ce beau jour, et d'où vient l'astre même?
Qui l'a formé? Qui l'a suspendu dans les airs,
Pour être bienfaiteur et roi de l'univers?
Dites, le savez-vous?—C'est quelqu'un qui vous aime.

C'est Dieu, mes canaris!—La graine et le ruisseau,
L'azur et le soleil, et les cieux et la terre
Sont son œuvre: et c'est lui qui, comme un tendre père
S'occupe de l'enfant et prend soin de l'oiseau!

C'est Dieu qui vous a faits, c'est Dieu qui vous apprête
Ce repas, cet abri; c'est lui qui vous revêt,
Dans la saison d'hiver, de ce moelleux duvet
Où, pour vous endormir, vous cachez votre tête;

Lui qui vous a donné ces jolis petits yeux,
Et cette douce voix aux sémillants ramages!
A lui donc tous vos chants, à lui tous vos hommages!
Chantez, dès que l'aurore apparaît dans les cieux;