en maîtres de joie, en maîtres de vie;
en maîtres de volupté! Aué! E!»
Cela sonnait gaîment par-dessus la voix du récif, par-dessus les gosiers tremblants qui gémissaient:
—«Seigneur, délivre-nous des hommes impies!—Préserve-nous des hommes violents—qui méditent de mauvais desseins dans leurs cœurs!»
Les arrivants, plus proches:
«Viennent les temps des sécheresses,
nos provendes sont enfouies.
Viennent les temps abreuvés,
nos femmes sont grasses!»
Les étrangers, une dernière fois, supplièrent. Mais nul ne les entendit: car le grand péhé des fêtes, autour d'eux, éclatait sans entraves. Des taillis tout proches irruaient un grand nombre de gens affairés, aux yeux brillants, aux gestes prompts. C'étaient les serviteurs des Douze. Ils se hâtaient pour le départ, et préparaient ces rites que réclame chaque en-allée solennelle vers les îles amies; autour d'eux: les gardiens-d'images, les desservants, les haèré-po et les sonneurs de conques. Tous, et leurs maîtres, débarqués, voici deux lunaisons, et gavés d'offrandes, et nourris de plaisirs, s'en retournaient vers la terre maîtresse. La foule vagabonde, attirée par les chants comme les poissons par la nacre miroitante, acclamait les survenants,—dans l'espoir, enfin, de véritables largesses. Puis les conques sonnèrent tout près des oreilles, annonçant les Arioï du septième rang.