—«Je te salue, Maria Paréténia.»

Ainsi la femme auprès de Iakoba se cambra, seins tendus, dressant la gorge et tournant la bouche vers le firmament caché: comme ses compagnes elle prononça: «Je te salue, Maria Paréténia.» Puis, n'entendant point la voix de son tané, elle flaira en lui un douteux compagnon, peut-être un équivoque envoyé des chrétiens... et lui cria dans la figure:—«Dis la prière, aussi, toi!» Il hésitait, maintenant que rassuré, à partager ces pratiques détestables. Elle se coula sous lui, baissa la tête et lui mordit le flanc. Ses jambes nouèrent la cuisse de Iakoba qui la sentit menaçante, hargneuse, prête à le dénoncer. Il céda:

—«Je te salue, Maria Paréténia.»

Elle s'obstinait:—«Dis aussi la prière-pour-exterminer-les Missionnaires: ô Kérito! donne-nous de chasser les voleurs de ton nom! de faire périr tous les chrétiens!» Il répéta:—«Donne-nous de chasser les voleurs de ton nom! de faire périr tous les chrétiens!» Alors, elle lâcha, en quête d'un nouveau tané.

Lui, retomba. Une faible et pâle lueur vaguait enfin par la vallée. Mais l'esprit de Iakoba restait noir et confus, ses entrailles entremêlées. Autour de lui, des formes à peine discernées s'enlaçaient toujours sans trève. De nouvelles imprécations s'épandaient sur des modes indécis, chargées de rites et de noms inattendus. L'une d'elles, plus incroyable parce que plus familière à la fois et vieille comme le firmament sans âge, le fit tressaillir:

«Sauvez-moi, sauvez-moi, c'est le soir des dieux! Veillez près de moi, ô dieu! près de moi, ô maître...»

—«Paofaï Térii-fataü!» hurla Térii, redevenu, par le prodige des mots et de la nuit, le haèré-po soumis et le fils de ce vieillard qu'il avait, au grand jour, méprisé comme païen. Saisi d'un indicible étonnement, il écoutait la forte voix grave:

—«Voici ma parole vers vous,—vous que les hommes au nouveau parler appellent insensés: je suis venu: je vous ai trouvé sages.—Mais gardez-vous, dans vos discours, de mélanger les dieux! Quand on les convie ensemble, les atua se battent: alors les hommes pâtissent, le corail mange la montagne, les îles meurent, et la mer se tarit!»

Certains arrêtaient leurs propres supplications. D'autres invoquaient toujours la Paréténia. Paofaï cria plus durement:

—«Laissez dans ses nuages le dieu Kérito qui n'est pas bon pour nous. Laissez dans sa lune, qui n'est pas notre Hina, l'autre déesse, que l'on dit Maria! Elle ne parle point notre langage; comment nous entendrait-elle! Mais nos montagnes et nos vents, jusqu'au firmament septième, et nos eaux, jusque par-dessous l'abîme, sont pleins de grands dieux secourables qui savent nos parlers, qui mangent nos offrandes, qui fécondent nos terres et nos femmes, qui prévoient tous nos désirs. Chassez les autres! Brûlez leurs faré-de-prières comme ils ont brûlé nos simulacres... Brûlez, ou bien ils vous dévoreront...»