Et soudain il l'interrompit pour me demander:

—Penses-tu qu'on aura la guerre?

Je le regardai, comme si j'avais mal entendu.

Il répéta:

—Penses-tu qu'on aura la guerre?

En toute occasion et venant d'un autre que lui, la question m'eût paru absurde: et je n'ai jamais aimé à être prise pour une bécasse.

Mais je compris que c'était sérieux, et c'est sérieusement que je répondis:

—Non. Et vous?

Maurice fit alors un grand geste circulaire. Le garçon, s'imaginant que cela signifiait: «Remettez-nous ça», se précipita pour enlever nos bocks vides et en rapporta deux autres.