Dans un pays comme la France, où la femme joue un rôle si puissant, M. de Bismarck a tout de suite compris le parti qu’il pourrait tirer de semblables auxiliaires.
Un événement récent a montré que l’espionnage féminin pouvait s’exercer jusque sur les choses militaires.
Mme Kaula n’est-elle pas parvenue à entortiller dans ses jupons un général français, ministre de la guerre en 1875 ?
Avant de se rendre au conseil des ministres, ou quand il en revenait, le général avait l’habitude d’aller déjeuner chez la chère tendresse. En entrant, il déposait son portefeuille ministériel sur un guéridon du salon. Pendant le déjeuner, que Mme de Kaula savait agréablement prolonger, une main habile escamotait le portefeuille du ministre de la guerre ; on l’ouvrait au moyen d’une fausse clef, et la sténographie prenait rapidement copie des pièces et des documents les plus importants, qui étaient le soir même expédiés à Berlin.
Ces faits sont connus. Ils n’ont pas été démentis. Nous pourrions en citer bien d’autres ; mais le moment n’est pas encore venu pour nous de faire l’histoire de la police secrète prussienne en France, pendant les années qui nous séparent encore de la prochaine guerre.
FIN.
TABLE
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CHAPITRE PREMIER. | |
| Berlin au lendemain de la Révolution de février. — Ce quese disaient deux bourgeois au coin de la rue Frédéric. — Schœffelet Goldschmidt. — Le roi Frédéric-Guillaume semontre à son peuple et le prince Charles s’adresse aubeau sexe. — Aspect du cortège royal. — Une manifestationinattendue. — Où l’agent Stieber paraît pour lapremière fois. — Retour du roi au palais. | |
CHAPITRE II | |
| Un intérieur allemand. — M. Prosper Cheraval, parisien denaissance, musicien par goût et professeur de langue française. — Stieber,orateur socialiste. — La fabrique desfrères Schœffel. — Un contremaître socialiste. — M. Schmidt,peintre et espion. — Comment on ébauche une conspiration. — Papiersvolés par la police. — La premièremission secrète du policier Stieber. — Arrestation deM. Schœffel. — Stieber porté en triomphe. | |
CHAPITRE III | |
| Les héros du régime de la compression militaire et policière. — Lemaréchal Wrangel. — Son portrait. — Ses rapportsavec les journalistes. — M. de Hinkeldey, préfet de la policeprussienne. — Où Stieber reparaît. — Le roi le nommePolizeirath. — Frédéric-Guillaume, poète et collaborateurdu Kladderadatsch. — La mission secrète de Stieber àLondres. — Comment il fit voler les papiers de l’Associationsocialiste internationale. — Stieber chez M. Josiasde Bunsen. — La mission de Stieber à Paris. — Stieberchez Mme la princesse de S… et chez M. Carlier. — Tentatived’assassinat sur l’agent de la police secrète prussienne. — Retourde Stieber à Berlin. — La Krause et sacollection « d’honnêtes dames ». — Un espion homme dumonde. — Petite fête organisée par la police. — Mme deHagen obtient son divorce et Stieber est plus en faveurque jamais. | |
CHAPITRE IV | |
| M. de Hinkeldey gagne la confiance du roi. — Le ministèreManteuffel et la coterie réactionnaire. — Goût du roi pourles histoires piquantes. — Petites manœuvres de l’Autricheà Francfort. — Où M. de Bismarck commence à se faireconnaître. — La Prusse veut prendre sa revanche d’Olmütz. — M.et Mme de Bismarck. — Le représentant dela Prusse enseigne la politesse au représentant de l’Autriche. — Lapolice de M. de Bismarck et celle de M. Prokesch-Osten. — CommentM. de Bismarck s’empara de la correspondancede M. Prokesch-Osten. — Le peu de popularitédu représentant de la Prusse à Francfort. — Vol dedépêches commis par le lieutenant Teschen. — Teschen àla solde de l’ambassadeur de France. — Entrevue deTeschen avec M. Rothan. — Le roi de Prusse sur le Rhin. — Unsecrétaire de l’ambassade de Russie caché dans unearmoire. — Le mystérieux « prince d’Arménie ». — L’agentsecret Hassenkrug à Mazas. — Opinion de Stieber surle « prince d’Arménie. | |
CHAPITRE V | |
| M. de Hinkeldey et M. Stieber à la tête de la police. — Commentétaient traités les créanciers de MM. les officiers. — Ordredu roi de supprimer les tripots. — L’expédition deM. de Hinkeldey au Jockey-Club. — Les susceptibilités deM. de Rochow. — Affront public fait à M. de Hinkeldey. — Celui-ciprend la résolution de se battre. — Un dînerde gala à Potsdam. — M. le pasteur Richter. — M. deHinkeldey est tué par M. de Rochow. — Souscription à laBourse de Berlin. — Le roi suit le convoi de M. de Hinkeldey. — Leprince Napoléon à Berlin. — Folie et mortde Frédéric-Guillaume. | |
CHAPITRE VI | |
| Entrevue secrète d’un journaliste prussien avec un hommed’État autrichien. — Mission confidentielle de M. Wollheimen Italie. — Son retour à Paris. — Ses relations avecM. de Girardin et l’Agence Havas. — Petit voyage à la recherchede subventions allemandes. — Entretien de M. deBismarck avec M. Wollheim. — M. le chevalier retourneau service de la Prusse. — Son voyage de Berlin à Reimspendant la campagne de 1870. — Il se fait passer pourEspagnol. — M. Wollheim, rédacteur en chef du Moniteurde Reims. — Instructions relatives à la pressefrançaise. — M. de Saufkirchen et la peste bovine. — Unduel ridicule. — Gracieuse hospitalité de Madame Pomery. — Pertedes traces du « reptile » Wollheim. | |
CHAPITRE VII | |
| Retour en arrière. — Revirement dans la politique prussienne. — Stieberinculpé d’arrestations arbitraires. — M. de Mohrenheimconfie à Stieber une mission délicate. — La princessede S… et Edgard R… — Stieber entre au servicede la police secrète russe. — Son entrevue avec M. deBismarck. — Il est envoyé en Saxe et en Bohême. — Arrestationde l’espion prussien à Trautenau. — L’attentatde Charles Blind. — Stieber reprend publiquement sesfonctions. — Comment il se vengea de sa mésaventure enBohême. — La presse française et M. de Bismarck. — M.Vilbort au grand quartier général et décoré par le roide Prusse. — Brunn et l’invasion prussienne. — M. Benedettià Nikolsbourg. | |
CHAPITRE VIII | |
| La police secrète prussienne à Paris pendant l’Expositionde 1867. — Stieber joue, pour le compte de ses patrons,le rôle d’agent provocateur. — Les conciliabules des réfugiéspolonais aux Batignolles. — Comment fut complotéela tentative d’assassinat contre le Tsar. — Entretien secretde Stieber et de M. de Bismarck. — Conséquencespolitiques d’un attentat dirigé, en plein Paris, contreAlexandre II. — La journée du 6 juin à Longchamps. — Unagent de Stieber fait dévier l’arme de Berezowski. — Réalisationde ce qui avait été prévu par M. de Bismarck. — LaRussie laisse faire la Prusse en 1870. | |
CHAPITRE IX | |
| M. de Bismarck et l’art d’accommoder l’opinion publique. — Pourquoifut fondé le « bureau de la presse ». — L’allocationde 305,000 francs destinés aux journaux étrangers. — Relationsdes agents diplomatiques prussiens avec lesjournalistes. — Le bureau de la presse divisé en deuxsections. — Comment fut préparée la guerre de 1866. — Stieberà la tête du bureau de la presse. — Ses voyagesà Paris. — Surveillance de l’émigration hanovrienne. — Stieberréussit à inventer un complot. — Ses relationsavec la haute bohème internationale des journalistes. — L’espionnageprussien établi à Lyon, Bordeaux et Marseille. | |
CHAPITRE X | |
| La police prussienne pendant la campagne de France. — Lesexploits de Stieber à Bar-le-Duc, à Reims et à Ferrières. — Lesaménités de la police de campagne. — Entrée des Allemandsdans Versailles. — Attitude du conseil municipal. — Commentles Allemands respectent les conventions signées. — Arrivéedu prince Fritz et du roi Guillaume. — Unemanifestation d’agents secrets. — Le bureau du chefde la police. — Un enfant espion sans le savoir. — Zernikià la mairie. — Un vaudevilliste allemand à Versailles. — Entretiende M. de Bismarck avec le directeur de la police. — Expulsiond’O’Sullivan. — Les réquisitions prussiennes. — Relationsdifficiles entre les officiers et la police. — M. deBismarck voit des assassins partout. — M. Angel de Miranda. — Lesmésaventures d’un journaliste allemand. — L’hôteldes Réservoirs pendant l’occupation. — Mort tragiquede Hoff. — Le restaurant des frères Gack. — Espionset journalistes. | |
CHAPITRE XI | |
| Le Moniteur de Seine-et-Oise. — Le cabinet de lecture deMme Le Dur. — Galanterie du frère du roi de Prusse. — Unerépartie un peu vive de Mme Le Dur. — Un colporteurde journaux d’Eure-et-Loire. — Mme Le Dur estdénoncée à Stieber. — Le comte de W… — Un attachémilitaire allemand sauve un franc-tireur. | |
CHAPITRE XII | |
| La police prussienne à Versailles redouble d’activité. — Communicationssecrètes entre Paris et les Allemands. — Emprisonnementde MM. de Raynal et Harel. — Perquisitionschez M. Alaux. — Son arrestation. — Les menacesde M. Stieber. — Incarcération de M. Rameau et dedeux de ses adjoints. — Les petites spéculations d’un préfetprussien. — Un colonel prussien déguisé en franc-tireurchez le général Trochu. — Jules Favre à Versailles. — Illoge, sans le savoir, chez le chef de la police. — M.de Bismarck le fait garder à vue et Stieber trouvemoyen de lui enlever ses journaux. — La proclamation del’empire allemand. — Les dames Stieber arrivent à Versailles. — Départdes Allemands. | |
CHAPITRE XIII | |
| Les mandements des évêques en 1874. — M. d’Arnim et leduc Decazes. — Origines de la querelle entre M. de Bismarcket M. d’Arnim. — M. d’Arnim charge M. Landsbergde publier ses mémoires secrets sur le Concile. — Lacolère de M. de Bismarck et la disgrâce de M. d’Arnim. — M.Beckmann et ses fonctions à l’ambassade allemande. — M.Beckmann à l’œuvre. — Comment se font les coupsde Bourse. — Le prince de Hohenlohe, successeur deM. d’Arnim. — La police secrète à Carlsbad. — Arrestationde M. d’Arnim. — Son procès. — Un mot de Landsbergsur Beckmann. — Landsberg accusé d’avoir collaboréau Figaro. — Un article de la Nouvelle Revue. — Duel deBeckmann et de Landsberg. — L’achat de la Correspondancefrançaise lithographiée. — La police secrète féminine. | |
Paris. — Soc. d’impr. PAUL DUPONT, 41, rue J.-J.-Rousseau (Cl.) 118.11.84.