A quelque distance, on voyait briller les casques des gendarmes.
— Mais c’est la police ! firent quelques jeunes gens, que peut-elle bien nous vouloir ?
— Je vais le savoir, dit M. de Rochow en se levant de son siège.
Quelques instant après, suivi de la plupart des joueurs, il intervenait dans le colloque très animé entre le portier de l’hôtel et le commissaire, qui, un ordre à la main, demandait impérieusement qu’on lui livrât passage ainsi qu’à ses gens.
M. de Rochow protesta très vivement.
— Nous sommes chez nous, nous ne sommes pas des escrocs, nous jouons entre nous, personne n’a rien à y voir.
— J’ai reçu mes ordres, monsieur le comte, répondit le commissaire, imperturbable, je suis obligé d’obéir.
M. de Rochow prit le papier et l’examina à la lueur d’un bec de gaz :
— Ah ! c’est M. de Hinkeldey, dit-il, qui vous a donné cet ordre, je le reconnais bien là ; eh bien, j’en ferai mon affaire, vous pouvez le lui dire : il se conduit avec nous comme le dernier des cuistres !
Le commissaire avait profité de ce que la porte était entrebâillée pour se glisser dans le vestibule de l’hôtel ; sur un signe, les agents l’avaient suivi.