En un angle de la chambre brillaient les vases à facette, les bibelots peinturlurés, les boules de cristal rangés sur les planchettes d'une étagère à clochetons.

Une armoire à panneaux pleins se dressait, face à la cheminée, ornée du cuivre or de la serrure luisant comme un oeil jaune.

Le marbre de la table de marquetterie encombrée de vases multiples, des gros, des petits, pots à eau, pots à la mœlle de boeuf, faisait une tache blanche en un retrait de la cloison.

Une moquette à coqs claironnants étalait ses franges jaunes sur le parquet encombré de la table ronde et de quatre chaises habillées de rouge.

Tout cela était propret, coquet, d'un accueil doux, d'un arrangement sans effort, sous la lumière faible de la petite lampe à pétrole.

Au chevet du lit, un tout petit Christ était accroché, un de ces pauvres petits Christ aux chairs de plâtre modelé sur une ossature de fils de fer, que l'on ne décroche qu'aux jours de deuil pour l'étendre sur la poitrine des trépassés. Oublié, perdu dans l'arrangement des choses confortables, il symbolisait la mort qui attend, qui guette, qui va venir…

Sous la lumière de la lampe coiffée, de nouveau, de rose, Simone et l'Embaumée causaient ameublement, la fille de M. Gosselet se défendant d'avoir une chambre plus gentille que celle de son amie, l'ouvrière expliquant comment elle aurait voulu son nid.

—Ce qui me manque, voyez-vous, répétait-elle, c'est une armoire à glace. Puis, je voudrais changer l'andrinople aussi.

Après un silence, l'Embaumée dit:

—Il nous faut dormir, maintenant. Je vais mettre un matelas par terre, pour moi. Vous, vous prendrez le lit.