Debout, devant le couturier, elle babillait:
—Je ne suis pas contente, mais pas… pas… J'ai des robes de ville affreuses… Ah! dites donc, je veux apprendre à monter à cheval. Il me faut une amazone. Je porterai bien une amazone: j'ai la taille fine et la selle large! Hein! n'est-ce pas que j'ai la selle large? Vous êtes mon couturier, Jabson, vous devez savoir ça.
Avisant le cheval de bois qui servait aux essayages des costumes de cheval, Jo Palmer sauta en croupe de la bête, lui caressant l'encolure de petits tapotements de main.
Jabson applaudit:
—Toujours adorable, mademoiselle.
—Monsieur Jabson, vous avez l'adoration compromettante. Vous êtes trop gros, trop chauve, trop english avec votre ceinture noire étalée sur le plastron de votre chemise. Vôs ne trôvez pas, vôs! Mais voilà ces dames venues pour l'essayage.
Ces «dames» attendaient depuis dix minutes et ne s'étonnaient point trop, habituées aux excentricités de Jo Palmer. Simone dissimulait son trouble, prévoyant quelque nouvelle injure dont souffrirait son orgueil de femme.
Mme Mily et Maria souriaient. Léonie tenait le corsage tendu au bout de ses deux poings. Deux employées à livrée noire et à col blanc portaient des sébiles remplies d'épingles.
Jo Palmer s'approcha d'une psyché, examina son visage, longuement, puis enleva sa jaquette avec l'aide de Jabson.
Mme Mily, Maria, Léonie et Simone l'entouraient cérémonieusement, attendant ses ordres.