«Mon cher aimé, qui a bobo sans que je puisse le soigner comme on soigne un tout petit que l'on adore!… C'est drôle, mais je t'aime d'une tendresse si infinie, si profondément douce quand je te sens avoir mal, que tu ne me sembles plus du tout un grand, mais un tout petit que je pourrais tenir en mes bras pour le bercer, en le couvrant et l'enveloppant d'un amour fou…
«Pauvre mignon qui as bobo!
«Pense que je t'aime de toute mon âme! J'adore tout ce qui est de toi, je cherche dans la figure des mots que tu m'écris ce que tu as pensé…
«Oh oui, je serai à toi pour toujours! Tu as emporté mon âme, mon cœur…
«Si je t'avais ici, quels bons et beaux dodos je te ferais faire! Je serais ta petite maman… Comme je te soignerais!
«Je t'embrasse, les deux bras autour du cou, très doucement, très fort, très tendrement.
«Tu vas bientôt m'envoyer mon baiser du soir; je le sens presque d'avance; quand je le sentirai en moi, je rêverai du paradis,—de toi!
«N'oublie jamais de m'envoyer le baiser promis, envoies-en même beaucoup, beaucoup, je les sens tous, ils ne se perdent jamais en route…
«Moi je t'envoie aussi un baiser, un de ces longs baisers qui me font des airs de petite morte, à force que c'est bon!…»
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