—Ton amour ne me doit rien. Tu as fait preuve de courage, de…
—Je t'en veux! Je t'en veux! Je te ferai expier ton manque de confiance.
—Des menaces déjà! Et nous ne sommes pas encore mariés!
—Oh! le reste, des formules. Je me laisserai vivre avec toi, toujours, sans l'approbation des autres. Les autres! nous avons assez fait pour qu'ils nous laissent en paix. Il est grand temps de songer à nous, pas?
—Que veut dire ce pas?
—C'est à l'atelier que j'ai appris pas. C'est un diminutif de n'est-ce-pas. C'est gentil et tout plein aimant, ce pas? Tu fais la moue?
—J'espère que tu ne te serviras pas de cette expression plus tard.
—Plus tard! Je voudrais que plus tard n'arrive jamais. Nous serions si heureux tous deux, toujours tous deux, nous adorant. Je te regarderais… tu me regarderais.
—Tu te lasseras vite de cette contemplation, pauvre mignonne.
—Non, je t'assure! On ne se voit pas vieillir quand on se contemple sans cesse avec des yeux aimants… Et puis, on finit par apercevoir derrière la figure un peu de l'âme. Tu me reviens de ces vilains pays, mon aimé, avec une petite moustache brave, de grands yeux qui ont souffert, un peu de hâle sur ton teint de blond. Tu es très beau!