—Alors, c'est pis. Tu as besoin d'entendre claquer ses jupes autour de toi pour travailler. Pauvre ami, pauvre vieille rosse qui ne s'excite que sous le fouet. Et ton invention!
—Peuh!
—Abandonnée! En voilà une qui te fera beaucoup de mal tout en t'aimant bien. Elles sont toutes comme ça, vois-tu! Une femme qui est à soi, réellement à soi, c'est bien embêtant. On va dans la vie avec l'inquiétude trembleuse d'un jeune couple qui visite une machinerie. Il y a des courroies, il y a des engrenages à éviter. L'homme passe sans encombre. La femme, elle, a tant d'étoffe autour d'elle qu'elle peut se laisser prendre. Quand elle sort de là, saine et sauve, les machines ont bavé sur sa robe claire.
—Et ta morale?
—Ma morale! On ne conduit pas une jolie femme dans une machinerie.
—Sans doute! Mais si la jolie femme ne veut pas quitter qui elle aime.
—Tant pis pour elle, tant pis pour qui elle aime.
—Je me sauve, tu m'effrayes.
—Alors, tu refuses?
—Je refuse et te remercie.