Ses filles lui étaient reconnaissantes de leur avoir laissé la meilleure part, la part choisie autrefois par Marie-la-Galiléenne,—celle qui consiste à aimer par besoin d'aimer, à s'offrir à un amant radieusement beau qui, s'il ne les prend pas, ne les abandonne pas non plus, ne les dédaigne pas, belles ou laides.

En revanche, sœur Marie-Thérèse possédait toute autorité sur ses compagnes. Elle avait sous ses ordres l'assistante (sa doublure), l'économe, la maîtresse des novices et la Mère déposée, sœur Jeanne-Madeleine, qui, de supérieure qu'elle était autrefois, était devenue, selon le règlement, la plus humble, la dernière du chapitre.

De jeunes sœurs, par esprit d'obéissance, venaient demander à la supérieure la permission de manger un bonbon. Elles disaient:

—Notre Mère, m'est-il permis de manger nos biscuits?

—J'y autorise Votre Dilection, répondait soeur Marie-Thérèse avec un sourire.

On dit chez les Visitandines: «notre chemise, notre robe, notre cellule.»

«Notre Mère» peut, seule, autoriser une de ses filles à prier particulièrement en commun.

Prières et bonbons, tout appartient à la communauté»

* * * * *

—Mon enfant, dit sœur Marie-Thérèse à Simone, votre père vous a confié à notre garde, mais n'allez pas croire que vous êtes ici en prison. Venez me dire que vous êtes obéissante et je signe votre mise en liberté. Nos filles sont de pieuses et saintes geôlières qui vous feront douce votre retraite.