—Mais, madame…

—Appelez-moi «Notre Mère», voulez-vous? J'ai si peu l'habitude de m'entendre appeler madame. Je vous le demande, mon enfant.

—Oui, ma sœur.

—Voilà qui est déjà mieux… Réfléchissez, mon enfant. Il est si doux d'obéir. Notre Seigneur a vidé le calice jusqu'à la lie pour faire la volonté de son père. Le sacrifice que l'on vous impose est moins douloureux. M. Gosselet ne veut pas vous faire épouser un bossu…

—Mais, madame…

—Notre Mère!

—Notre Mère, j'ai résolu fermement d'épouser qui j'aime.

—Bien, mon enfant, je ne vous parlerai pas du monde, je ne le connais pas. Mais vous pouvez vous tromper dans votre choix, vous pouvez vous laisser prendre à de fausses apparences. Hors de Jésus, tout est vanité. Je sais que vous n'avez pas eu le bonheur d'apprendre à l'aimer dans nos maisons religieuses, mon enfant, mais vous n'êtes pas une mauvaise fille, je le vois bien. Je pense même que nous deviendrons amies.

—Oh! madame! Oh! ma sœur!

—Alors, vous préférez la liberté à notre amitié?