—Pincer les maraudeurs.
—Ah bast!
—Mais, certainement; en été, monsieur me donne congé le dimanche, je vais soigner les rosiers du maire de Viroflay. Drôlement taillés les rosiers du maire. Ils poussent tous comme des chardons et allongent la tête par-dessus le mur de briques qui borde le chemin. Il passe là un tas de jeunesses avec des ombrelles rouges et des petits rires qui sonnent comme des cornets à piston, venues à la campagne pour manger des pissenlits tout crus cueillis dans le fossé. Elles voient les roses, passent les menottes par-dessus le mur. Et hop! les voilà prises. Je les maintiens par le poignet pendant que le garde champêtre dresse procès-verbal. Si elles sont accompagnées par des hommes, on leur fait payer une amende. Quand elles sont seules, on plaisante un brin et elles griffent le garde champêtre.
—Et que gagnes-tu à ce vilain métier, mon pauvre Tant-Seulement?
—Trois francs par jour, mais je ne touche pas à l'argent des Parisiens.
—Les amendes sont pour les pauvres? Tiens! ton maire a une façon bien amusante de faire la charité!
—Oh! monsieur, je crois certainement que le maire partage l'argent avec le garde champêtre.
—C'est juste! Tu vas gagner de jolies pièces de quarante sous, mon garçon, puisque tu as déjà chassé aux maraudeurs.
—Sûrement, mais je n'ai pas le garde-champêtre pour m'aider. Enfin je vous dirai le nom des voleuses. Je pense que Mlle l'Embaumée a déjà son corsage tout plein fleuri de votre lilas.
* * * * *