—Ah! monsieur, c'est des Parisiennes. Et les petites Parisiennes ça vous a des nez de millionnaire, quasiment. Mais le lilas de mademoiselle, vrai, ce n'est pas pour leurs museaux.

—Aux heures de rentrées et de sorties des ateliers, tu te cacheras le long du mur. Tant Seulement. Tu seras armé d'une baguette et taperas sur les menottes qui s'accrocheront aux dalles. Tu ne taperas pas trop fort, mon garçon. Elles me feraient payer la casse. Connais-tu les polisseuses?

—Oh! presque toutes, monsieur. Il y a Fricassée, la Grande-Bobêche, la Petite-Souris, Mouron-pour-les-petits-oiseaux, l'Embaumée… Ça pourrait bien être l'Embaumée qui vous vole vos fleurs, monsieur. Quand elle a une rose au corsage, elle n'a pas toujours deux sous de petit-noir dans l'estomac… Il y a encore…

—Bien, cela suffit.

—C'est que je les connais bien, allez. Je les rencontre tous les soirs, vraisemblablement, à la station des tramways… Ce qu'elle est fière, cette l'Embaumée, malgré sa bosse!

—Pince les voleuses, Tant-Seulement, et à chaque prise tu toucheras une prime de quarante sous.

—Mais si je cogne sur les doigts immédiatement, je ne verrai pas les têtes, probablement.

—Prends le signalement et tape ensuite… mais pas trop fort.

—Bien, monsieur. Je connais le métier, je fais ça naturellement.

—Quel métier, mon garçon?