—Jésus me viendra bien en aide.

—Soit, je vous laisse!

—Mais vous ne me dites pas adieu! Je vous aime comme j'aimerais une sœur.

—Ah! chère petite folle, laissez-moi aller un peu rêver dans mon cachot. Cette cérémonie m'a émue.

Un quart d'heure après, Simone introduisait en sa cellule la petite domestique qui lui avait promis de l'entretenir du Bien-aimé.

Mais on sonna presque immédiatement l'office du soir. La petite domestique se sauva disant:

—Il ne faut pas qu'on nous voie ensemble; je vous raconterai tout plus tard. Prétextez une migraine pour ne pas aller à l'office; attendez-moi, prête à me suivre. J'ai combiné mon petit plan. Dans une heure, nous serons toutes les deux libres…

Oh! comme elle aurait voulu embrasser l'humble servante! Libre! Hors de ce couvent dont les murs l'oppressaient et où il lui semblait parfois qu'elle était véritablement morte. Elle pourrait enfin le revoir, lui parler, ou lui donner de ses nouvelles; il devait être malheureux et souffrir, car il ignorait sans doute ce qu'elle était devenue!

Agitée, fiévreuse (comptant les minutes aux pulsations de son cœur), Simone allait de la porte de sa cellule à la fenêtre, marchant sur la pointe du pied pour ne pas faire de bruit. A la fenêtre, elle regardait le ciel qui s'obscurcissait lentement, le crépuscule qui s'étendait pareil à un grand filet gris dans lequel quelques nuages brillaient encore comme des poissons d'argent. A la porte, elle collait son oreille au trou de la serrure et attendait, anxieuse, la respiration retenue, toute sa vie en suspens…

Enfin un presque imperceptible frôlement parvint à son oreille attentive; on s'arrêta devant sa cellule, on l'ouvrit avec précaution, et la petite domestique lui dit à mi-voix: