—Oui, oui, mais que devient votre Gontran, en tout cela?

—Gontran, je suis certaine de l'épouser!

—Et par quel miracle?

—Nos sœurs, vous le savez, ont écrit leurs désirs sur de petits billets que la fiancée de Jésus a mis dans son corsage. Moi, j'ai glissé ma supplique dans cette charmante et originale boîte aux lettres. Jésus comble tous les vœux qui lui sont présentés de la sorte. Voulez-vous que je vous lise le brouillon de mon placet:

«O Jésus que j'aime tant, souffrez que j'épouse Gontran.»

—C'est en vers?

—Non, la consonnance n'est pas voulue. Me voilà rassurée et bien heureuse. Mère viendra bientôt me délivrer. Songez-vous toujours à vous évader?

—Toujours! Je pense même, je ne sais pourquoi, quitter le couvent avant peu.

—Que deviendrais-je, toute seule!

—Je vous enlève: laissez-vous faire, ma chère Paule.