D'autres pourront choisir, au matin de la vie,
Un fugitif amour!
Mais toi, petite sœur, ton Jésus te convie
A l'aurore du jour!

Contre ton cœur… il veut… au fond de ta poitrine,
T'appeler par ton nom!
L'entends-tu? C'est sa voix… Qu'elle est tendre et divine!
Il frappe à ta maison!

Bien-aimée, ouvre-moi! je t'aime…et je t'en prie.
Colombe de mon cœur!
Je suis l'Époux Jésus… O ma petite amie
Ouvre à ton Rédempteur!

Vois!… ils m'ont sur la croix étendu dans leur haine,
Les hommes que j'aimais.
Mais je viens sur ton cœur pour adoucir ma peine
Et pleurer leurs forfaits.

Nous pleurerons à deux! la peine est moins amère,
O ma petite sœur,
Et tu consoleras ton Époux et ton Frère,
Ton Christ et ton Seigneur.

Ah! oui… tu veux les voir ces étranges trophées,
Ces stigmates d'amour,
Tu veux mettre en mon cœur des plaintes étouffées:
Toute âme souffre un jour

Mais n'est-ce point bonheur, virginale colombe,
D'être avec son Époux?
Et n'ai-je point compris que ton âme succombe,
Que ton cœur est jaloux?

Moi! je ne veux savoir qu'une chose sur terre:
Et c'est mon crucifix!
C'est mon livre d'amour, c'est mon lit de prières,
C'est mon doux paradis!»

* * * * *

—Ah! que c'est beau, ces cœurs blessés! Avez-vous remarqué l'expression: C'est mon lit de prières!